Les frais de scolarité et les stages non rémunérés sont coûteux pour tout le monde
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le 22 Oct, 2016

C’est difficile sur le marché du travail! Celui-ci est plus compétitif que jamais, et pourtant les opportunités d’emploi n’ont jamais été aussi précaires. Les étudiant-e-s et les nouveaux diplômé-e-s luttent pour les mêmes stages non rémunérés en espérant que ceux-ci mèneront à des emplois payants non-existants et tant désirés. Mais je me résigne au fait que c’est une cause perdue.

Les étudiant-e-s (et surtout les étudiant-e-s de la génération des milléniaux) font souvent rire d’eux lorsqu’ils demandent quoi que ce soit. Même si tout ce qu’on demande est un emploi au salaire minimum. Pourtant, les jours où les étudiant-e-s pouvaient financer leurs études grâce aux prêts du gouvernement et aux emplois d’été sont terminés depuis longtemps déjà. 

La plupart d’entre nous ont recours aux prêts et aux emplois d’été, et y ajoutent un emploi à temps partiel tout au long de l’année, des stages non rémunérés et des lignes de crédit juste pour joindre les deux bouts. J’en ai une connaissance intime vu que j’ai accumulé 150 000 $ de dettes étudiantes malgré les multiples lignes à mon résumé.

Il y a un million de raisons pour lesquelles les étudiant-e-s ont des dettes. Des programmes coûteux, un manque de ressources personnelles, l’obligation de faire des stages non rémunérés, des emplois à bas salaire qui mènent à une carrière peu rémunérée, des dépenses médicales non couvertes par l’assurance, et le coût de vivre dans de grandes villes sont tous des facteurs qui ont mené à ma dette de 150 000 $. Mais au bout du compte, on ne peut ignorer les calculs mathématiques qui s’appliquent à tous les étudiant-e-s…

Les frais de scolarité sont beaucoup trop hauts, et les emplois rémunérés sont inexistants!

Mon expérience de travail lors de mes neuf ans d’études postsecondaires a surtout inclus des emplois rémunérés pour la fonction publique et des organismes sans but lucratif, mais ces opportunités sont rares. Nous savons qu’un certain nombre de départements gouvernementaux continue d’engager des stagiaires non rémunérés, et même des membres du parlement progressistes ainsi que des organisations progressistes annoncent leurs opportunités de stage non rémunérés ou peu rémunérés.

J’ai moi-même été stagiaire quelques fois, puisque je croyais à l’idée, tout comme mes confrères et consoeurs, que je pouvais payer pour obtenir de l’expérience. Ces opportunités n’ont mené à rien, et ont fait monté ma dette.

La vérité est que ça ne vaut presque jamais la peine de payer pour « obtenir de l’expérience ». Le travail est tel qu’il devrait habituellement être couvert par les normes en matière d’emploi – en commençant par un salaire minimum et en incluant des protections fondamentales telles que des protections contre la discrimination, et pour la santé et la sécurité. Mais même si vous croyez à l’idée que les stages sont nécessaires pour former les étudiant-e-s et les nouveaux employé-e-s, la réalité est qu’ils ne forment qu’un certain nombre de gens pour ensuite les abandonner.

Il n’y a qu’un petit nombre d’étudiant-e-s qui sont assez privilégiés pour se permettre de travailler sans être payé. Les moins fortunés doivent se contenter des emplois peu rémunérés et qui ne sont pas dans leur champs d’intérêt. Ils prennent encore plus de retard académiquement et dans les autres indicateurs de compétitivité. 

Lorsque les quelques privilégiés sont choisis pour accéder à des opportunités de formation non rémunérées tant désirées, ils se font rarement engager après leur stage. Plusieurs d’entre eux effectuent plusieurs stages l’un après l’autre puisque c’est le seul type de travail qu’ils sont en mesure de trouver. Il est possible que les réseaux auxquels ils ont eu accès leur donneront un avantage à long terme – comme lorsqu’on rencontre de nouveaux gens dans n’importe quel contexte – mais les stages n’aboutissent pas à la création d’emplois. Ils mènent aux employeurs qui engagent des stagiaires année après année au lieu d’engager des employé-e-s de niveau d’entrée.

Et n’oublions pas que les lois sur les normes en matière d’emploi de partout au Canada donnent la responsabilité à l’employeur de former ses employé-e-s. Les employé-e-s ne doivent pas perdre de salaire parce qu’ils sont en formation. À moins qu’ils soient étudiant-e-s, j’imagine. 

Je serai la première à admettre qu’il y en a plusieurs qui ne rencontrent pas les critères nécessaires pour s’inscrire à certains programmes, ou pour rivaliser leurs confrères et consoeurs qui ont une meilleure sécurité financière. Mais lorsque les opportunités d’emploi sont si rares, et que le seul type de travail annoncé aux jeunes est celui qui n’est pas rémunéré, les dirigeantes et dirigeants doivent prendre du recul et considérer les principes fondamentaux.

Les frais de scolarité atteignent des niveaux astronomiques et ne mènent pas à de meilleurs salaires ou de meilleures opportunités. Plutôt, les universités sont les premières à faire la promotion des stages non rémunérés pour remplir les quotas des régimes coop, ou rehausser le profil de leurs programmes. Ils sont rarement aux côtés des étudiant-e-s pour exiger des salaires, mais se concentrent plutôt sur la collecte de nos frais.

Et c’est les étudiant-e-s qui se ramassent à tout payer. Nous payons nos frais et pour l’expérience, mais en échange nous n’accumulons que du rouge.  

L’Association canadienne des stagiaires est une organisation sans but lucratif qui milite contre l’exploitation des stagiaires et a pour but d’améliorer les expériences de stages. Vous pouvez en apprendre plus sur les droits des stagiaires au Canada en lisant notre Guide canadien sur les droits des stagiaires (en anglais seulement).  

À propos de Sarah McCue

Feminist, activist. insta and snapchat: mcsarahg.

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