Le mouvement pour l’accès universel
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le 04 Jan, 2017

Monsieur le gouverneur Cuomo,

Au nom de 650 000 étudiantes et étudiants collégiaux et universitaires au Canada, nous vous écrivons pour vous féliciter pour l’annonce d’aujourd’hui concernant la bourse Excelsior proposée par l’état de New York. Comme l’ont fait remarqué plusieurs gens lors de la conférence de presse aujourd’hui, il s’agit d’un évènement important pour ceux et celles qui croient que l’éducation postsecondaire accessible fait partie intégrale d’une société juste et équitable. 

Si elle est adoptée, la bourse Excelsior éliminera les frais de scolarité pour les programmes de deux et de quatre ans aux collèges d’état de New York, et cette mesure sera instaurée au cours des trois prochaines années. Ce programme sera offert aux familles qui ont un revenu de 125 000 $ ou moins, ce qui inclut la vaste majorité des applicantes et applicants potentiels aux études postsecondaires (940 000 familles en 2017). 

Comme vous l’avez souligné, la bourse Excelsior a été inspirée par les propositions énoncées par Bernie Sanders et Hillary Clinton durant la course présidentielle de 2016. La candidate et le candidat ont tous deux discuté de l’augmentation énorme de la dette étudiante et du besoin urgent d’agir pour s’assurer que des générations d’américaines et d’américains ne sont pas laissées de côté à cause de cette hypothèque sur leur avenir. 

Gouverneur Cuomo, cela pourrait vous être surprenant, mais nous faisons face à un problème similaire ici au Canada. Au cours des 15 dernières années, les revenus provenant des frais de scolarité ont triplé dans les collèges et les universités canadiennes, en raison de décennies de compressions bugétaires, et menant à une augmentation importante de la dette étudiante. En 2012, la dernière année pour laquelle des données sont disponibles, l’endettement étudiant public au Canada avait atteint 28 milliards $, comparé à 19 milliards $ en 1999, et cela ne comprend pas l’endettement contracté dans des institutions privées.

Pour remédier à cette situation, les politiciennes et politiciens canadiens n’offrent que des solutions de statut quo : plus de prêts, plus de crédits d’impôt et de bourses fragmentaires et, dans la plupart des juridictions, des frais de scolarité plus élevés que jamais. Il s’avère maintenant qu’un diplôme en technologie de l’aviation (au Collège Seneca, un établissement d’enseignement public à Toronto) coûte 18 000 $ par année en frais de scolarité aux étudiantes et étudiants canadiens, et 71 000 $ par année aux étudiantes et étudiants internationaux.  Cet exemple se répète partout dans notre secteur postsecondaire, qui ressemble à peine au système bâti par nos grand-mères et nos grand-pères. 

C’est pour cette raison que nous écrivons cette lettre, pour saluer l’annonce d’aujourd’hui, mais aussi pour vous faire part de ce à quoi ressemble une réforme progressive pour les autres. Nous avons donc fait parvenir cette lettre aux décisionnaires canadiens, ainsi qu’au président élu Donald Trump. Nous espérons qu’ils et elles reconnaîtront qu’il n’est plus acceptable de parler « d’accessibilité » d’un côté, tout en faisant la promotion d’idées qui font augmenter le coût des études postsecondaires de l’autre.

Veuillez agréer, Monsieur Cuomo, l'expression de mes sentiments les plus distingués, 

Bilan Arte

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