Chères étudiantes et chers étudiants canadiens : Nous avons besoin de vous
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le 28 Oct, 2016

Par Sophia Descalzi, présidente de la section 36 (association étudiante du campus de Grenfell) et commissaire des étudiantes et étudiants internationaux de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants

Pensez à ceci – deux étudiant-e-s sont assis dans la même salle de classe, lisent le même manuel scolaire et apprennent le même matériel. Mais l’un d’entre eux paie 6 373 $ par année pour être là, tandis que l’autre paie 23 589 $ par année. C’est la réalité dans chaque province au Canada, depuis que les gouvernements ont permis aux établissements d’enseignement postsecondaire de demander des frais de scolarité différentiels exorbitants aux étudiantes et étudiants internationaux.

Comment est-ce que c’est arrivé? L’idée que les étudiantes et étudiants internationaux ne paient pas de taxes au Canada est complètement fausse. Nous payons autant que n’importe quel citoyen ou citoyenne canadien. Nous payons la TPS, la TVH, et puisque la majorité d’entre nous doivent travailler pour pouvoir vivre ici, nous payons des impôts. De plus, on n’a rien coûté au gouvernement avant d’arriver au Canada. Les fonds publics alloués à l’éducation primaire et secondaire n’ont pas été dépensés sur nous. Nous sommes des étudiantes et étudiants qui sont prêtes et prêts à dépenser de l’argent dans l’économie du Canada sans que le gouvernement n’aille eu à investir de l’argent pour nous avant qu’on aille au collège ou à l’université. Nous sommes loin d’être un ‘fardeau’; les étudiantes et étudiants internationaux contribuemt plus de 7,7 milliards $ annuellement dans l’économie canadienne. Selon un rapport gouvernemental, les étudiantes et étudiants internationaux ont créé 81 000 emplois pour l’année 2010 seulement. Il est temps de démystifier une fois pour toutes le mythe que les étudiantes et étudiants internationaux paient plus en frais de scolarité parce qu’ils et elles ne contribuent pas au système fiscal. Même les résidents permanents paient des frais différentiels malgré le fait que leurs familles contribuent depuis plusieurs années au système fiscal. Les étudiantes et étudiants internationaux se font facturer des frais de scolarité différentiels parce qu’ils et elles ont une nationalité différente. La pratique de demander aux étudiantes et étudiants internationaux 3,7 plus qu’aux étudiantes et étudiants canadiens pour la même éducation est xénophobe

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C’est une injustice, mais ce n’est pas un secret. En fait, c’est le contraire. Année après année, les conseils d’administration des collèges et des universités concoctent leur plan pour que leur établissement fasse de l’argent sur le dos des étudiantes et étudiants internationaux. La semaine dernière, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a exprimé ses intentions d’utiliser les étudiantes et étudiants internationaux en tant que source de revenu provinciale dans leur présentation « Way Forward: Shaping our Future » (Aller de l’avant : Bâtir notre futur).

La discrimination contre les étudiantes et étudiants internationaux ne se termine pas avec les frais de scolarité. Dans plusieurs provinces, les étudiantes et étudiants internationaux ne sont pas couverts par le régime d’assurance-maladie provincial ‘universel’. Plusieurs d’entre nous passent des années à étudier ici sans aller voir un médecin, et vivent dans la peur de tomber assez malades pour être obligé d’aller à l’hôpital. En 2013 ainsi qu’en 2015, le gouvernement du Canada a introduit des mesures qui rendent les choses plus difficiles pour les étudiantes et étudiants internationaux qui désirent rester au Canada après l’obtention de leur diplôme. Les emplois dans le secteur alimentaire et le commerce au détail, que les étudiantes et étudiants occupent souvent, ont été éliminés de la liste de travail qualifié au Canada, qu’on inclurait dans le calcul lors de leur application pour une résidence permanente. Cela veut dire que les étudiantes et étudiants internationaux qui ont passé des années à étudier ici, à travailler ici et à se bâtir une communauté ici, sont considérés au même titre que les applicantes et applicants qui n’ont pas encore commencé leur vie au Canada.

Aujourd’hui, environ 1 sur 6 étudiantes et étudiants au postsecondaire au Canada est étudiante ou étudiant international. Plusieurs d’entre nous ont fui la guerre, l’instabilité et la pauvreté dans nos pays d’origine pour poursuivre la promesse d’une vie meilleure au Canada. Nous quittons nos familles, nos amis, notre communauté, notre culture et (souvent) notre langue. Nous composons avec le stress de subvenir aux besoins de notre famille dans notre pays d’origine, faisons face au racisme et à la xénophobie perpétrés par nos professeur-e-s et nos camarades de classe et nous avons de la difficulté à joindre les deux bouts. Malgré tout, nous étudions fort pour avoir du succès dans nos études. 

Je suis fière d’avoir donné le mandat d’organiser une Journée d’action étudiante nationale. Lors du mercredi 2 novembre, les étudiantes et étudiants internationaux iront à la rue pour demander la justice et un accès universel à l’éducation postsecondaire au Canada. Je crois à un Canada inclusif, où les étudiantes et étudiants de toute origine peuvent accéder à l’éducation collégiale et universitaire sans obstacles financiers.

 

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